mercredi, mai 31, 2006

Manuscrit jazz quartet 02


Lire avant Manuscrit jazz quartet 01

II

Deux jours plus tard je redescends. Est-ce bien le manuscrit ? Dossier jaune. Septembre. Je lis sans pouvoir me dire — oui! Pour l’instant je n’ai pas envie de rechercher à fond. Le jazz, mon seul appui. Célia Cruz n’est pas loin mais Johnny Hodges me guide. Chaque fois que je tends vers plus de rationalité, je me réponds comme s’il ne fallait pas détruire le charme — plus tard, plus tard. Charme ? Ce n’est pas tenir compte de mes appréhensions. Malaise déjà physique. Par moments ira. Colère. N’est-il pas vrai que je pourrais tout écrire de nouveau, tellement les étapes semblent se répéter en abrégé ? Bréviaire. De quoi ? J’entends qu’il joue. J’entends surtout cette attitude qui précède le jeu lui-même, un silence fait sur soi, tout lien et heur suspendu ou congédié… vous attendrez je vous dis, là je joue, tout ce que vous voulez, après, mais pas maintenant ; et là, plus personne, le silence puis le débit qui trace un son inégalé

J’ai beau me souvenir d’un tas de choses, l’opacité reste entière. Il y a plus de vérité dans ce malaise physique que dans toute cette cohorte de réminiscences. Je devrais trouver quelques points plaisants qui, m’emmenant vers plus de distraction, me sortiraient du premier cercle.

Je lis encore un peu.

pourrais opposer une myriade d’autre « faits », incluant parmi ces derniers, les rapprochements que j’ai pu faire, à cette époque, entre deux situations bien différentes, la première où je m’imagine attendre assis sur une chaise que quelqu’un vienne me chercher et l’autre une lecture que j’ai fait 35 ans après du mythe de Thésée. Je pourrais dire que j’inclus parmi les « faits » aussi quelque fable qu’enfant j’avais dû me raconter. Avoir l’impression qu’il s’agit d’un problème mathématique : un souvenir vague d’avoir noté que pour tout x
penser qu’il peut s’agir d’une promesse non tenue, il y a surtout qu’enfant notre créance est grande,
d’avoir été abusé
il était question, chez moi, d’une véritable hantise au sujet de ce moment qui changea ma vie et pour lequel je n’ai aucune date, si ce n’est soupçonner mon enfance et la théorie des ensembles. Mes parents m’avaient mis dans une école expérimentale. On y testait les nouvelles méthodes avant de les appliquer au niveau national ; nous étions des cobayes en quelque sorte. Méthode Cousinnier ( ?) je crois qu’on la nommait. Mlle Marta est au tableau, Marta ou Blanca. Je la vois écrire d’une façon tout à fait autre, se servant de signos dont elle nous commentait l’usage et la fonction. Cet A inversée, par exemple. Là. C’est là. C’est là que quelque chose m’est arrivé. Un peu avant, un peu après. Je la vois au tableau qui nous explique quelque chose que je vais cesser bientôt de suivre comme si sa voix, désormais aphone, n’allait plus m’arriver. Un rêve d’angoisse m’engloutit. Puis mon enfance se brouilla. Puis apparut : l’enfant qui attend sur la chaise. Puis.

Le jour de notre rendez-vous chez le juge, notre dernier rendez-vous, je n’ai pas voulu attendre dans la salle où elle se trouvait, ainsi j’ai décidé de rester dehors dans le couloir. Il y avait une chaise là près d’une de fenêtres qui donnaient sur la cour. Je me suis approché de la fenêtre et de cet homme qui va à la fenêtre, je voulais à ce moment si « important » pour moi (important n’est pas le mot exact) être cet homme qui va à la fenêtre, je voulais, n’ayant pas pu lui parler, qu’elle garde cette dernière image de moi, et que cette image soit ou puisse un jour se traduire ou se convertir en phrase : l’homme qui va à la fenêtre, ou, un homme assis à la fenêtre. J’ignorais que je lui donnai l'une des clés de ma vie. Même si le véritable destinataire de la chose n’est autre que moi. C’était là mon adieu.

Quand la tristesse dépasse son seuil, nous rentrons dans un état qui, vu du dehors, fait penser à la sagesse.

Une partie manque. Je ne vois pas comment j’aurai pu l’égarer. Le début manque. Au troisième jour un trajet à vélo. Des pleurs qui me libèrent, enfin. Un repas avec une amie, incrédule — mais non, mais non. L’air de Paris. C’est comme si on me tendait un autre manuscrit que celui que j’ai écrit. Vas-tu improviser cette fois ? Il me brûle d’écrire une suite. Je ne prends pas le manuscrit avec moi. Demain je reviens.

Je décide de sortir. Un déjeuner rapide. Sept ou huit ans avant de pouvoir remettre les pieds au Louvre. Dix pour un manuscrit. Je prends le RER, un carnet l’appareil photo. Ecole du Nord, ma promenade est celle d’il y a dix ans.



pourrais aussi dire que je marche là même où j’ai écrit et que ce qui paraît se dédoubler ne fait que produire un écart, car je pourrais demain tout à fait par hasard retrouver une partie du manuscrit où je raconte quelque chose de semblable à ce que je m’apprête à écrire maintenant sans pour autant coïncider — cette lecture que j’aurai fait un jour de la deuxième Méditation de Descartes et que je mentionne ici pour donner à entendre moins ma culture que mon désarroi d’alors, où rien pouvait me venir en aide, et peu de choses me dire que j’allais dans le chemin d’une sortie, ni qu’enfin je trouverai ce rien qui tant me manquait, comme s’il s’agissait plus de que ce rien change de place qu’il ne disparaisse,
et d’y lire cette manière à lui de dire un obstacle, et placer devant lui des doutes comme s’il fallait se passer de tout pour ne pas tomber, de tout sauf de cette si belle écriture, car lui Descartes tout philosophe qu’il pu être, avait choisi la langue même selon un axe qui nous dit des choses simples où souvent il est question de rêve, et de cire. Lecture faites ici, au Louvre, et que j’ai eu toujours honte de communiquer à autrui de peur de paraître pédant et que maintenant me semble représenter tout ce que j’ai pour ne pas supprimer ce rien car je ne peux être moins que rien sans aussitôt annuler un jour sur terre, qui est ce que nous sommes ; ce serait mentir quant au lieu et à lanature d’une joie éprouvée, puisque si ce fut beaucoup me demander d’accorder ce que je ne désirai pas, je ne peux retrancher de ma vie une lecture aussi importante sans détruire la raison pour laquelle je donnai, cependant, mon accord, sans dénier ces promenade et l’espoir que j’en gardais (si seulement je pouvais trouver un point d’appui…) enfin sans congédier Hodges du même coup.
Ce n’était pas de sa philosophie que je m’en acquittais mais de ma détresse, même effet que le son du saxo jouant Mood Indigo

et chaque fois que j’arpente ces couloirs je ne peux m’empêcher d’y penser, — pourrai-je donc continuer d’écrire ces pages évitant, autant de fois que la chose se présente à mon esprit, d’y référer ? C’est, je crois, qu’à force il en va de ma liberté. J’entends que cela puisse paraître absurde. J’attendrai que quelqu’un m’y autorise comme, enfant, qu’un autre vienne me chercher. Je laisserai croire aussi que pour la peinture, que je peigne, relève du même avatar. Et que c’est pour ça que je viens si souvent, que c’est a cause de cet interdit que je venais si souvent : ce rien n’aura été qu’une parole que j’eusse voulu entendre à mon égard, que celle-ci une fois proférée aurait permis à cet enfant de quitter son siège, produisant un effet de chaîne dont le dernier maillon est ce coup de pinceau que je n’ai pas su trouver pour le lui offrir à temps…
je me surprends à ne pas pouvoir infirmer l’argument

lundi, mai 29, 2006

Manuscrit jazz quartet 01







descends à la cave. Je ne sais plus où est-ce que je vais le trouver. Le carton. Deux manuscrits écrits dans la foulée ; c’est le premier. J’ai un vague souvenir, quelque chose semble ne pas correspondre. Il y a un dossier — il manque la première partie, non ?

… lourdeur, fatigue, je ne sais, mais j’entre dans une épaisseur qui m’empêche de voir clair, de savoir ce que je fais, ce que je cherche et pourquoi je suis là. Ce n’est pas le moment, je me le dis avec appréhension. Faux pas que je ne voudrais pas commettre. Maintenant. Je me mets à chanter, j’entends du jazz. Cela correspond aux premières phrases que je lis. Je ne me souviens plus et. Rien. Sauf que ce n’est le début, car le début je l’ai déjà tapé. Une partie du manuscrit manque. D’ailleurs, une grande partie manque. Je me mets à chercher. Rien. Où ? Je l’ignore. Au fond je ne reconnais pas les passages. Le jazz, oui, mais le jazz est venu plus tard. Où est donc ce passage ?
Dans le salon assis après avoir préparé les cartons, la voix de Célia Cruz, nous nous sommes vu un peu avant dans l’après-midi, elle avez rendez-vous,
D’où vient la tristesse quand une partie de ce que vous vivez s’en va. Vérité non pas des faits, non, non pas les faits, la vérité de cette préséance de rien, de vie nue, ce socle incertain que vous devez supposer pour que le liens entre deux phrases soit compossible… suive, soit possible
on oubli (je crois) qu’avant de penser à quelque chose il faut que lien se fasse, pour aller d’une pierre à une autre, pour ne pas tomber
j’ai souvent eu l’impression que ce qu’on appelle vie, c’est-à-dire, ce petit plus qui nous fait désirer comme quelconque un moment et non une chose, qui nous dénude ou presque, que cette manière-là de s’y tenir, de vivre donc, n’était que peu ou pas vécu, ou du moins, qu’il ne m’était pas accordé le temps de terminer la phrase
dans le salon la voix de Célia Cruz, assis comme je ne l’avais pas encore été. Des livres, les miens, dans des cartons. Signification que l’on cherche. Sa voix comme sortant d’une taverne. Mi voz, serà mi voz…ce qu’il y a beau dans les chansons c’est que la tristesse se dit franchement,

je ne vais pas comprendre tout de suite ce qui m’arrive. Je décide de monter. Je laisse en état. Demain. Ou après demain. Dans le couloir j’entends du saxo, Johnny Hodges. Je rêve d’un morceau qui porterai comme titre : Dix ans après.


Le manuscrit n’est pas. Ou, la première partie se trouve dans un autre dossier. J’ai du oublier quelque chose. Un Seigneur, Hodges, majestueux. La vie aussi est un peu d’improvisation et pulso. « Impulse » est le label sous lequel Hodges fait paraître « Everybody Knows ». Si je trouvais le manuscrit, celui dont je me fais une idée et qui me fait venir jusqu’ici, roder autour, etc. — ne me faudra-t-il comprendre ce que je n’ai cessé depuis de vivre ? Puis-je me reformer à ce point ? En être ailleurs ? Hodges m’accompagne quand je dis tout ça. Pourrai-je me faire d’un principe qui puisse désormais guider mes pas ?
Principe : petit plus de-rien-du-tout que je ne puis (et que personne vienne me dire qu’il peut) dériver de quelque chose d’antérieur. Bon, Hodges, écoutez la version de… j’ai oublié… moon quelque chose, dans le manuscrit c’est noté… Moon… puis les autres interprétations, celle de son patron Duke, par exemple. La partition en est la même sauf si le mec il charge, et c’est à ça que je veux en venir, au writing, ça bouge pas, ça tient lieu de principe pour tous ; en principe ils jouent tous le même morceau. Là c’en est un de principe. Puis il y a l’autre. Ils ne jouent pas tous pareil. Il vous fait du neuf. En acte. Il a trouvé son principe. Voyez c’est comme ajouter un plus qui n’ajoutant rien (un plus sans plus) vous restitue la musique avec un son inouï. Hodges se levant à côté de son patron, Duke… ça y est, je l’ai ! Mood Indigo est le titre du morceau, puis regarde Duke, c’est lui, l’auteur — je l’ai fait en 15 min. pendant que ma mère faisait la cuisine, dira-t-il, Duke, le regarde donc… il sait qu’il peut, il a le principe, il peut ; il pleut, cet Il là ; la troisième ; cette personne qui n’existe pas, la troisième ; le corps comme troisième (n’est-ce pas Aude ?). C’est extraño, prononcez extragno, qu’il faille aller au il pour dire je.
l’événement, il faut que pour quelqu’un ça ait lieu. Que ça lui arrive. Avènement. Principe. Arte.
Principio, donc.
[1] Le temps écoulé est trop important pour que je multiplie les points de vue, puis, concentre-toi sur une seule chose à la fois disait mon père quand il voyait que je partais dans tout les sens, mais au fait, c’est qu’avec l’âge le temps est celui qui nous reste, il part dans l’autre sens. Une seule phrase devrait suffire, une comme celle maintes fois écrites — l’aube est close, laisser entendre les deux versant à la fois… comme une porte battante ferme et ouvre. Principe de cela qui est clos. Le son de Hodges, c’est l’entrée du morceau, est égale et continu

principe réel ou fictif, qui peut le dire ? Et qu’importe s’il est capable de m’indiquer la sortie, si par sortie nous entendons opposer. Opposer à la douleur de la chose éprouvée… vérité. Dire du coup —
C’est ainsi que j’ai toujours désiré vivre…

alors, les faits, je disais naguère à Aude, les faits, bon ça c’est facile, mais quand c’est l’amour qui s’en empare nous en avons un peu plus de mal, en racontant des faits nous ne nous acquittons de rien, c’est dévaler, en en produisant, non plus d’ailleurs ; c’est la politique du fait accompli, j’ai horreur de ça.
A cause je ne sais quel songe, il m’est dit que dans une autre vie j’aurai été philosophe, mais si l’on me demandait — Monsieur, de quel oeuvre vous l’êtes? Alors je serai obligé de dire, d’aucune, d’aucune qui ne soit déjà à l’œuvre, mon art aura été d’en avoir fait sans

il est très difficile de parler des troubadours sans produire chez son interlocuteur un effet de désuétude. Le plus informé me parlera de Dante, mais pour entrer dans une salle de classe et celui qui l’est le moins croira que je lui sérine des vieilles lunes, que j’idéalise la Domna, les femmes, etc. C’est aggraver son cas que d’ajouter à l’office d’une philosophie douteuse, la marque d’un Guillaume d’Aquitaine. Ryna, par exemple, ne supportait pas que je récite Per son joy.
[2]Pourtant, j’en étais, avec mon Fin’Amor quand la chose est arrivé.

Il me semblera que seul l’art, était à même de me rendre justice. Situer un point dans l’espace, écrire à partir de là, sans parler à personne. Un seigneur, Hodges, quand j’ai vu sans visage, il y avait plusieurs photos, une planche-contact ; aussitôt quelqu’un à qui on peut faire confiance. Découvrir ce que l’on sait il n’y a que ça dans la vie. Il faut quelqu’un. Découvrir que l’on peut. Il le faut, il le faut. Ecrire, puis, se dire — à lire dans dix ans

J’y suis…


[1]
Il y a des trucs que je me réserve, bien sûr, il faut que je sente l’occasion.
[2] Mout jauzens me prenc en amar
un joy don plus mi vuelh aizir,
e pus en joy vuelh revertir
ben dey, si puesc, al mielhs anar,
quar mielhs onra•m, estiers cujar
qu'om puesca vezer ni auzir.
Inaudible. Je sais. Ce que je resentais.

mercredi, mai 24, 2006

Cortazar

Para los que aman Cortazar existe un sitio, con su voz y todo el quilombo, viste...
"nada puede ser apurado en la escritura y el aparente olvido, la distracción, los sueños y los azares tejen imperceptiblemente su futuro tapiz."


"rien ne peut presser l'écriture et l'oubli apparent, la distraction, les rêves et les hasards tissent imperceptiblement son futur tapis."

lundi, mai 22, 2006

Badiou

Derrida ou la localisation de l’inexistance
par Alain Badiou


« Puisque « pensée » « parole » émet l’appel qu’elle reçoit pour crier son nom, elle est aussi de l’autre côté, contrepartie ou contre-allée, de la différence sexuelle : faux pas du il — qui ne m’accompagnait pas. Ce neutre est l’affirmation du viens, l’affirmation répétée, l’alliance nuptiale (oui, oui), l’anneau du récit. »

Pas de Derrida in Parages

En espagnol, un blog autour de Derrida : Gárgolas Vacas

Balibar sur Derrida

Ecouté ce matin... je vous y invite


Colloque Derrida, la tradition de la philosophie


Déconstruction de l’universel. Hegel, Benveniste, Derrida
par Etienne Balibar

mardi, mai 09, 2006

L'inconnue du louvre, études01




Loin de pouvoir dire que j’ai peint ce que je cherche
j’appelle étude :
cet effort
qui ne réduit pas l’ouvrage à
la volonté et
attend
qu’un éclat lui en dévoile les traits




si c'était un film je dirai:
désir

Blogcarte

jeudi, mai 04, 2006

Principe d’Asphodèle 03

-




lire d'abord
Principe d’Asphodèle 01
Principe d’Asphodèle 02

si un homme perd son chemin
va et demande et l’autre lève son bras
c’est un là-bas, n’est-ce pas ?

lever son bras —
je l’ai fais en terre du Sud
pour indiquer au loin les pousses rouillées des branches
l’extrême pointe des pins qui boisaient les collines près de Grâce

j’étais sans voir ce que je voyais
seul me guidaient le couchant, le terre argileuse, et la chaleur du soir qui tiède montait du sol oxyder le ramage
ramage qui par jour de pluie eût pu rejoindre le bleu
mais là c’était du brun
là aussi l’opus 18 de Ludwig
là était la chaleur
là était la forêt prise d’assaut par le mois qui précède l’été

tout me disait que ce lieu pouvait contredire Cézanne
un effet de silence qui fissure l’espace
quand l’enfant découvre que l’adulte ne sais pas
et, d’ignorer qui désormais s’acquitte du vrai, tremble
mais paysage
là inséparable du feu : lumière

c’est ainsi qu’après, de vie d’homme, ma douce nous chantons

il faudrait que les cordes viennent prendre la relève
alto et violons
ne sais-tu pas peut-être que quelque chose me retient
de dire cet amour que j’ai eu et que j’ai pour toi
ce méridien pour toi
ce principe —
et non seulement celui-là
tout amour
du moins ainsi que j’entends la chose
me déclinant patio
et arcade
l’aire de la voix

pudeur, ma douce
où me placer pour le dire ?

nous levons le bras…

-

mercredi, mai 03, 2006

Photo du jour: "l'apport"

Aléthéia

la vérité est comme une
étreinte donnée à défaut





mais ne cherche pas à dire selon l’ensemble
tu manquerai le vide et avec ça
le chant des oiseaux migrateur


si c’est plus fort que toi
arrive avec l’apport
et attends
tu sera rejoint par l’aspect
car ta place et celle du vide

dimanche, avril 30, 2006

Photo du jour



Mallarmé:
Le scandale quoique représentatif, s’ensuit, hors rapport—

mercredi, avril 26, 2006

Principe d’Asphodèle 02

(Lire d'abord Principe d'Asphodèle 01)


j’étais, ma douce tout content de t’écrire ce poème
j’allai à la gare avec un sac plein de livres
j’attendais que le train arrive
j’ai eu une vision qui me fit reprendre de suite :
moi qui d’une voix dont j’ai peu l’usage récitais
l’effet d’une prairie
la joie de m’y trouver
le
son même comme fleur

je continuai le poème dans le train
puis je pris le métro
et quand j’allai sortir dans la rue
l’absence de poids me fera penser au sac
peiné comme un chiot
quel oubli pour ta couronne ma jolie

tout d’un coup songer à tout ça que la vie
de ces tristesses qui font miel

voilà une manière de s’y prendre !

le cri qui ne vint pas
me laissait un goût acidulé
un peu comme quand tu croques dans una granada
traînée amère et terreuse
un fruit autre que peint

ces livres que je devais rendre à la Bibliothèque de la Ville
ont muaient en partie
arrachée
partie de moi arrachée
et ça parce que j’écrivais à ma douce
car tu m’aimes, n’est-ce pas ?



je pensais à ce que tu m’avais une fois écris
tu disais avoir peur du temps
et c’était un aveux de constellation

me demanderai comment j’allais faire rentrer ça dans le poème
comment traduirai se que j’ai ressenti
ton choix de plutôt tomber malade qu’amoureuse
je n’étais plus dans le train
et trop léger pour le poids
avec toi, j’étais, ma douce

lisière d’un excès parce que la forme n’est pas dans la chose
l’amour touche au trait et au nombre
et s’en exclu
tout comme ta chevelure


pour un pan de vie nue
l’entame est eterna

je me souviens maintenant
qu’à Royan nous avons baiser sur le lit de la Maison de repos
opus 135 deuxième mouvement

tu devais prendre un tas de petit cachet
nous allâmes nous promener dans le parc et me montrai l’écurie
je me logeai dans le centre ville
il y avait un pont
le ruisseau longeais les maisons

nous avons baiser comme deux tourtereaux


ce n’est pas la même chose que la lumière sorte ou ne sorte pas
ce n’est pas la même chose que j’eusse aperçu ce reflet près de l’eau ou pas
mousse adossée au mur qui alla comme un îlot à mes pensées
intimité confiée depuis ton chevet
tableau que j’ai pu voir se former
parent d’autres tableaux peints à l’Estaque
Braque et Cézanne
ce n’est la même chose que tu m’es ouvert la porte ainsi vêtue de soie ce jour-là ou pas

ni que j’eus eu cette vision de moi récitant
ou pas
la différence est un bleu logé à l’intervalle
ce que nous avons aimé se complète maintenant
mais nous ne savons ce que nous avons aimé
sauf l’occasion qui nous rendis nu pour un autre
chacun a sa part
insue
pas un qui soit le bon

je ne sais pas si nu l’un pour l’autre
j’ai choisis de t’aimer
voilà tout

et non qu’il me vienne du temps
je t’aimais avant-avant
le reste fut à jamais
un plus sans plus

(Aller à Principe d'Asphodèle 03)

mardi, avril 25, 2006

Principe d’Asphodèle 01

-







Cada silencio debe tener su flor

je crois qu’aujourd’hui il me faudra beaucoup plus des lignes
errer plus qu’hier
pour esquisser…

la pluie peut s‘abattre comme maintenant
dispenser une brèche sans produire son

interrompu que je suis par l’éclair
ne restera dans mes oreilles qu’un bourdonnement équestre
pour dire — je me souviens de l’opus 135 de Ludwig
qu’à Royan je t’ai apporté


(tu me hante je dois le dire)
je suis trop seul pour ne pas supposer qu’alors tu m’aimais
de cette manière
seule de toi connue
et comme peut-être il t’arrive aussi d’y songer
(quelle fleur ne fut chandelle pour se dire)
imagine que nous sommes ensemble



j’ai de toi un torse
à cette heure de la sieste
couchée sur le dos
à peine que je voyais ta tête
tout ton buste repu vers la fenêtre
délicieuse amie que tu étais

un tel choc…

tu me hante je dois le dire


tout à l’heure j’ai du acquiescer par le tonnerre
la même chose que nature
sauf que c’était musique…



il me pense à toi comme averse
(je devrai te raconter une histoire)
je ne voudrai pas que tu parte si vite mais
n’est-ce pas déjà entrer en matière que de dire
— tiens-moi compagnie


écoute : il est un homme qui va tous les jours au Musée
et reste pour méditer en marchant quelques heures
il est d’un pas qui parfois fourche
son approche est sincère
va et se penche
regarde vers le haut
il adore le « voir comment »

— la vie offre peu de moments vrais, dira-t-il

il y va tous les jours ou presque
c’est sa promenade à lui
sauf qu’au Musée
les arbres sont qui-ne-sont-pas
comme les fruits dont on dit
malgré le diapré des couleurs
que la nature est morte
(tu ne peux pas y goûter)
ou comme ce lit qu’énervait tant Platon
de ne pas pouvoir y coucher
bref moult aspects déclaré mitoyen du non


(que dirai-tu si je venais à peindre une fleur pour toi ?
n’y aurait-il pas un peu de peau la tienne dont tu disais en être dépourvue ?)


ainsi allait-il méditant là voyant ici
il était à sa coutume
il voulait traquer quelqu’un ce Platon, qu’il disait
il s’en est pris à tous
il voulait son lit, Platon
il voulait ces fruits, Platon
(il ne voulait pas que je te chante ma douce)


à mon avis il était fâché
lui aussi était de tonnerre

(tout comme toi avec tes rages ma jolie)


il était triste depuis la mort de son ami

(mais moi je ne veux pas ta peau ma douce, juste chanter, l’air de ne pas y toucher)


(Lire la suite, Principe d'Asphodèle 02)

lundi, avril 24, 2006

Spectre de Velazquez

photo au Louvre, la mirada de Actéon...

"La peinture : livre pour moi - comme tout livre - refermé, dès lors que j'y entre, à l'infini, et voulant l'emporter, y circule sans guide"

André du Bouchet


vendredi, avril 14, 2006

Sileno Again

La Belle Inconnue 2



HERACLITE:
Qui se cachera du feu qui ne se couche pas ? (Tannery)
Comment pourrait-on se cacher de ce qui ne se couche jamais ? (Burnet, traduit par Reymond)

jeudi, avril 13, 2006

La Belle Inconnue 1



Je lis ceci:

"Héraclite, Georges de La Tour, je vous sais gré d'avoir de longs moments poussé dehors de chaque pli de mon corps singulier ce leurre : la condition humaine incohérente, d'avoir tourné l'anneau dévêtu de la femme d'après le regard du visage de l'homme, d'avoir rendu agile et recevable ma dislocation, d'avoir dépensé vos forces à la couronne de cette conséquence sans mesure de la lumière absolument impérative : l'action contre le réel, par tradition signifiée, simulacre et miniature." R Char

La Belle Inconnue

Hier dans un bar à vin / seul l'instant déchiffre

mercredi, avril 12, 2006

Sileno02


Silène
Les Silènes


Fils de Hermès, Les Nymphes et Pan



Ce compagnon des Ménades, qu'il accompagnera durant les Mystères de Dionysos, fils de Pan ou d'Hermès et d'une nymphe, sera souvent représenté sur le dos d'un âne, chauve et bedonnant, avec la queue et les oreilles d'un cheval.






Identifié à un esprit des eaux et possédant le don de prophétie, il enseignera à Dionysos et régnera sur pays mythique de Nysa où le dieu sera élevé par les nymphes. Virgile rapporte que Silène, capturé par deux bergers, leur chantera des récits légendaires. Les nymphes donneront de nombreux fils à Silène qui interviendront dans les pièces satyriques écrites par les tragédiens grecs sous une forme semblable à celle de leur père, sans pour autant bénéficier de la même sagesse. Portés sur l'alcool et obsédés par les nymphes, les Silènes sont plutôt lâches et peu scrupuleux.

Sileno01


Lao Tseu:

El hombre imita la tierra.
La tierra imita el cielo.
El cielo imita el Tao.
El Tao no tiene otro modelo que él-mismo.

vendredi, avril 07, 2006

Les Hôtesses



Les Hòtesses, une étude
Commencé aujourd’hui : produit de mes visites au Louvre ; souvenir dont il est difficile de savoir quelle est la part que j’invente. Une étude.
La lecture quotidienne de R. Char me donne ce séjour que la peinture ensuite complète.
Donner séjour : « l’intensité est silencieuse »

Tableau (suite III)




Nourri par celui qui n'est pas du lieu,
Pas après pas, quasi consolé.

Pleine sera la vigne
Où combat ton épaule,
Sauf et même sommeil.

R. Char

mardi, avril 04, 2006

Tableau (suite)

"Pouvoir marcher, sans tromper l'oiseau, du coeur de l'arbre à l'extase du fruit" R. Char

lundi, avril 03, 2006

Tableau

Matinée. "Regarde l'image téméraire où se baigne ton pays, ce plaisir qui t'a fui." R. Char.
Quand nous peignons le poème nous devance. Avril . Premières éclaircies. Printemps : primavera. Toujours une première fois.

Première étape, demain la suite...

mercredi, mars 29, 2006

Kairos



nous gardons le même attribut que les arbres
sauf que la saison peut différer d’un
jour d’un
mois d’une
année
il y a pour nous ce qui peut ne pas
se produire

nous gardons

« il peut neiger en avril »

pour la durée des choses nous ne nommons pas

nous gardons

le mûrier qui enrobait les pierres
(celles de l’enclos qui appartenait à l’oncle)
n’y est plus


parfois je me dis que nous en savons plus qu’il ne
nous est nécessaire pour vivre
et que de toute façon tôt ou tard nous aurions inventé l’oubli pour vivre
pour vivre la saison
et je veux bien que toi, tu puisse dessiner un cercle
c’est en vain que tu trouvera
point par point
deux feuilles identiques



« il peut neiger en avril »

lundi, mars 27, 2006

Celle que j’aime, vie

Du partage formel René Char dira : « c’est alors l’inextinguible réel incréé »


celle que j’aime, vie

surabondance
exemple : mon attrait pour cette vue sur la place
(déjà mars j’imagine)
un bleu sur les toits
fronton en pierre
colonnes
un clocher qui donnait les heures


et en bas les gens sur les terrasses comme si
c’était un jour de marché
il était facile de suivre l’ombre bleutée et tout étoffe ou robe sortant à la lumière





la veille
ce sera elle, Alice, en dansant
dansant et nue
que montrera —

elle, Alice, de ses cuisses comme dans la fresque
qu’annoncera

celle que j’aime, vie


vigile haut perchée
laissant filer la voix

comme pendant le repas le silence fut condition d’asphodèle



au matin
à la vue de cette Place je rencontrai la préséance de la veille
sous la forme
du chemin de mon choix :
le dessin, un seul
suffirait pour indiquer où c’était






celle que j’aime, vie
prodigue
non résorbée et
qui montre —
car c’est la vie qui montre

j’avais compris ce que voulait dire respecter la préséance
je n’avais pas à retourner à l’hémicycle


l’amont peuplait la vue
un seul filet
et plusieurs aspects d’un coup offert en essaim

(désormais il ne me resterai qu’à savoir y faire le trait)

— qu’on y eût goûté sécrétions











des année plus tard ce qui vient de la nature ce sera Aude qui me le rappellera en plaçant mon doigt sur ces lèvres
(silence que sont les choses)
je croyais voir un tableau
couleurs diaprée
un brun de Flandres
occasion pour nous « d’intervalle dérobé »


maintenant je ne peux qu’y référer à

celle que j’aime , vie

maintenant
je ne peux agir que comme il m’est arrivé de choisir le dessin
un seul
qu’il suffirait de marquer le contre jour —

et ce « comme » est —

mât avant d’hisser les voiles
tel qu’il m’est adressée l’offrande

une vision qui jointe au trait
dérobait le jour pour l’offrir


de même quand Sandra
« la jeune femme à la lucarne »
fit le tri avec ses mains
lut autant qu’il se pouvait
lut et relut

mais comme sur une gravure on écrit à l’envers

je ne peux qu’y référer
je ne peux y penser
que comme il m’est venu

celle que j’aime, vie







vendredi, mars 24, 2006

La carta del padre


LA SILLA


Caminando un día por el bulevar de San Denis, en un pintoresco mercado de pulgas, encontré una hermosa silla. Yo había buscado por las calles y tiendas de París una silla “para leer”, una silla barata, de plástico u otro material, que fuera cómoda para leer. Y en San Denis estaba esa silla, excesivamente hermosa para mis pretensiones y excesivamente onerosa para mi bolsillo. La miré, la toqué, giré a su alrededor, y hasta hice algunos pasos de baile en su homenaje. Me alejé de ella lentamente, mirándola hasta no verla, como nos despedimos de una persona querida.

Llegando a la putana rue Blondel, le conté a mi hijo que había visto una silla elegante y bella. Lo dije como quien habla de una mujer adornada con esas cualidades, pero sin que ello signifique una intención de conquista o posesión. A mi edad, la mujeres hermosas son para mí algo así como un bello y lejano paisaje, un goce visual y nada más, dicho esto sin nostalgia ni tristeza. Lo mismo sucedía con la silla.

Mi hijo me escuchó, no hizo comentario alguno, y salió a comprar los alimentos para la comida, como todas las mañanas. A su regreso con cierto entusiasmo me dijo: “Ví la silla, realmente bonita”. Y yo me encendí, mi paranoia apareció en todo su esplendor. Y aunque mi hijo es enemigo de recibir regalos, especialmente los regalos “útiles” o “prácticos”, yo me propuse comprar la silla para él, aunque mis bolsillos quedaran a la intemperie.

Después de comer, salimos a la rue Sebastopol con destinos distintos para juntarnos más tarde en el Centro Pompidou. El se fue a atender sus asuntos y yo… a ver la silla que , para mi suerte, no había sido vendida. Después de lograr una rebaja de un tercio de su valor inicial, la silla era mía. La cargué sobre mis escuálidos hombros y caminé con ella por la rue San Denis, cansado pero muy feliz, hasta la rue Blondel. Y ahí, frente a la escala infinita que debía subir con la silla, me acordé de Gargantúa cuando, perseguido por la turba parisina, logra trepar hasta las torres de Notre Dame y desde lo alto mea, si mea, a 263 000 personas “sin contar mujeres y niños” (siquísimo, superlativo de “sic”). Yo con la silla al hombro, y en lenguaje rabelaisiano, subí los 263 pisos y generé 263 litros de sudor, sin contar las axilas y la región de Coquimbo.

Pero había llegado al departamento y solo faltaba descansar, y mejor descanso era, por supuesto, sentarse en la silla. M e senté y mi bendita silla se desplomó, botándome groseramente al suelo. Me levanté, le examiné y descubrí que un soporte metálico, a la altura del asiento, está roto, pareciendo difícil su reparación. Generalmente las sillas fallan por las patas, la mía fallaba por los riñones. Sentí un profundo dolor, me dolió todo el cuerpo y sentado en el piso, dormí un largo rato. Mi esfuerzo económico y físico habían resultado estériles. Mi hijo se quedaba sin regalo o con un regalo lisiado y yo con mi dolor. La silla “para leer” no había sabido cumplir sus servicios y mi luminosa intención se convirtió en un sonoro porrazo.

Cuando a Zorba, el griego, se le derrumbó su laboriosa armazón de madera, al final de su aplaudida historia, en vez de entristecerse, lanzó una sonora e interminable carcajada, se desnudó y bailando se dirigió hacia el mar. Convirtió la tragedia en una fiesta.

Hoy, cuando recuerdo en Santiago mi silla patuleca, me río. Cuando vaya a Costa Azul, me desnudaré, danzaré y me meteré en el mar, a mojarme el potito. Amén



Dic 2001

mercredi, mars 08, 2006

Par le détour : l’orange

il aura fallu de temps
à ta saison

saison vouées à ces couleurs prélevées la veille
ou l’avant-veille
saison séparée du jour par une fine feuille d’orge

du temps à l’orange il lui fallait

la lumière croupit dans ton sommeil
pendant que, lui, rêve
lui qui est poème et toi de lui, masque
mais toi tu ne peux pas l’atteindre, lui
lui que de toi est rien

les couleurs viennent
comme il vient de rêver de l’aimée une nuit quelconque
d’elle, à qui son père dit — mais écoute ton fiancé
et elle alors parle
parle la fille à la chevelure
parle au-commencement
mais lui, son fiancé
lui à qui moult efforts lui sont de rien
ne l’entend pas


(in Retour de passage)

mardi, mars 07, 2006

Une blogcarte

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lundi, février 27, 2006

Retour de passage (suite)

avec ce rêve qui précède le rien
rien du jour rien de la nuit
parce que j´ai vécu l´oranger
et la table dans la couleur

toute chose qui pouvait nommer l´étreinte pendant le séjour



je te dirai mes yeux avec ce rien

mais comme tu l´entendra il y a
cette distance à franchir avec l´essaim qui
comme la peau
manque de peu le jour

reste que nous ne sommes pas la somme en offrande
mais l´écart à pourvoir pour qu´il y ait chant

apport poème
Chardin

…amont dans chaque parcelle d´aromate
battement d´ailes et de vagues
« à garder dans ton cœur muet »

car il n´y eut legs que le jour où
l´ayant perdu tu t'es mise à
faire sonner tes palmes
tu tapa avec tes mains ce jour-là
et ta robe noir s´en alla, disais-tu, avec la lune
faire entendre libation



laisse-moi te le dire alors avec ces choses que l´on entend
dans les foires et les marchés
à la criée je veux
t´asseoir sur mes genoux
nous prendrons de la bière et du vin

ce sera dimanche veux-tu
dimanche de mai
mais pour ta peau je voudrai avril
pour que je puisse te le dire avec l´oranger

lundi, février 20, 2006

ouvrir instant

tan pronto como esto
ahora —
palabra

(en tu voz)

separa la que haz de guardar
y la que haz de dejar

una que no diga
y otra que no piense

abrir instante




aussitôt comme ceci
maintenant—

parole

(dans ta voix)

sépare celle que tu dois garder
et celle que tu dois laisser

un qui ne dise pas
et un autre qui ne pense pas

ouvrir instant

Phrase du jour


A la belle festoyée nous lui disons:


L'impossible, nous ne l'atteignons pas, mais il nous sert de lanterne.
René Char

mardi, février 14, 2006

Guillaume d’ Aquitaine




















Mout jauzens me prenc en amar
un joy don plus mi vuelh aizir,
e pus en joy vuelh revertir
ben dey, si puesc, al mielhs anar,
quar mielhs onra•m, estiers cujar
qu'om puesca vezer ni auzir.

dimanche, février 12, 2006

nul écart peut résorber le moment

l’apport est déjà après-midi en cours
par où aucune somme
est ni sera
séjour—

nous portons la préséance
vas –tu sommer l’invitée s’il plaît à son dessein d’enregistrer l’improbable ?

l’art non plus n’est pas l’esclave d’un moyen



reste
dans la journée comme si l’on s’avisait d’un cortège
pareil bloc de marbre
ou le lin de Tirésias
à savoir : produire

il est d’un écart
où l’amour quand il n’est pas du sel au moins prodigue l’étoffe

il faut tenir
l’art n’est pas l’esclave d’un moyen

vendredi, février 10, 2006

Retour de passage

… que tu écoutes dans le poème
l’attente d’un
jour de sel
puis

— laisse-moi te le dire
avec les mots qui précèdent
(office incertain d’homme)
l’évènement


avec

et le rêve et le froid de cet hiver long
trop long
pour nous autres
gens du sud


laisse-moi figurer l’étreinte
avec ce qui reste de poème
avec ce qui reste de poème dans un citron à moitié pelé
posé sur le bois
le bois fin
noueux par endroit
dessiné par l’âge et enveloppé par la résine qui n’est plus
comme cet éclat que je supposerai dans tes yeux
pour ne pas me sentir seul


laisse-moi rendre la ruche
à sa source
et que ce soit ce vent
qui vient de loin
qui le dise

la vie nue
même brûlant de pudeur
et le safran
et l’oranger

que ce soit avec miel de toute fleur
et des senteur
écume d’odeur blanc
de nard et de fleur d’oranger

avril pour une somme que nul ne fera

que ce soit l’étreinte que dise son nom
pour que quand je rêve
ce soit l’apport qui reprenne la couronne

que ce soit la lumière
soleil sable
un souvenir attablé comme si j’étais avec quelqu’un



…à dessiner l’arc vois-tu
bleu à terre dont je connais l’empreinte
dans l’aine
et tout le bruit que fait l’âme avec ses choses




laisse-moi te le dire avant
avant le repas
avant le change au bout de branches
au tout au bout de la « poussée » comme disait les grecs pour parler de la «physis » pour qu’à ma guise
je puisse encore réciter Empédocle,
celui que j’ai connu non pas en lisant
mais vois-tu en traversant une Place près de Vence
lumière qui partant de mes yeux
aveugla

(à suivre)

mercredi, février 08, 2006

Um poema cresce...

Um poema cresce inseguramente
na confusao da carne

Incertain grandit le poème / dans la confusion de la chair

Herberto Helder

dimanche, février 05, 2006

Dura

Dura el cielo en lo azul
como no dura el cuerpo en la frase

Demeure le ciel dans le bleu
commo ne demeure pas le corps dans la phrase

Un acto luego
como aporte
qué es?

Ensuite, un acte
comme apport
c'est quoi?

No se nombra fuego
sin tu llegada

On ne nomme pas du feu
sans ton arrivée

Aller...

samedi, février 04, 2006

De Herberto Helder

O Amor em visita

Dai-me uma jovem mulher com sua harpa de sombra
e seu arbusto de sangue. Com ela
incendiarei a noite.
Dai-me uma folha viva de erva, uma mulher.
Seus ombros beijarei, a pedra pequena
do sorriso de um momento.
Mulher quase incriada, mas com a gravidade
de dois seios, com o peso lúbrico e triste
da boca. Seus ombros beijarei.

Cantar? Longamente cantar.
Uma mulher com quem beber e morrer.
Quando fora se abrir o instinto da noite e uma ave
o atravessar traspassada por um grito marítimo
e o pão for invadido pelas ondas -
seu corpo arderá mansamente sob os meus olhos palpitantes.
Eis - imagem inacessível e alta de um certo pensamento
de alegria e de impudor.
Seu corpo arderá para mim
sobre um lençol mordido por flores com água.

mercredi, février 01, 2006

CONTRACLAU

Amigu’ai ieu, no sai qui s’es
Qu’anc non la vi…


Comment dire
à celle qui — n’étant pas, pointe
sous le jour
si du dire, rien
ne s’absente.