mercredi, mars 14, 2007

Pittura Amorosa 04




Averse sans saison

que l’éternité n’arrive pas trop vite à la page

— ce n’ai pas là que le feu brûle.
















Aussi il voyait

Les fleurs d’oranger

Mais il n’y avait pas d’arbre remarquable.















Promenade

Un pas que l’on quitte pour avancer

Et soudain trouée du couchant

Haut les branches








.../

dimanche, mars 11, 2007

samedi, mars 10, 2007

Pittura Amorosa

Carnet de bord




Le problème

Quand un arrêt dans la marche semble nous imposer le déplaisir, et que c’est la crainte, et que nous soupçonnons l’inhibition — que doit-on faire ?

C’était un peu la question que je me posais… seulement, dans le malaise tout est plus diffus, trouble, incertain…

Je ne voyais plus les couleurs, pourquoi ? Je n’éprouvais que rarement des sensations dépassant ce seuil estompé et morne d’où rien ne semblait venir, était-ce la fatigue ? Mais, si l’épuisement était réel, n'est-ce pas tout aussi vrai que devant de tons diaprés l’œil attenu les contrastes pour contrecarrer l’intensité? Je ne devrai pas m'inquiéter. Aussi quand nous peignons, cette régulation du diaphragme modifie les couleurs perçues… (« des vases communiquant… » J’entendais la voix de Bruno me parler des surréalistes…)

Mais cela ne me faisait pas oublier que la conscience, comme la loi Moral, est achrome ; malheur au peintre qui s’en approche sans l’apport… Je m'imaginais être sous le coup d'un dictat... l'angoisse était là parce que j'avais plaidé coupable...

Je devais me reposer un peu.

Je devais reprendre à partir du dessin… je suis parti acheter des cartons

L’intention

Profiter de l’occasion pour présenter dans le blog le trajet. Apprendre moi-même de ce travail en m’y attardant plus que d’habitude sur un dessins. Prendre des photos des étapes intermédiaires, m’interroger, chercher, voir de plus près, en écrire quelques lignes. Essayer de rester fidèle à cette démarche mienne qui non seulement a besoin du jour et des pinceaux mais aussi de s’en rafraîchir la vue en lisant quelques auteurs de bonne compagnie.

Ainsi j'étais déjà arrivé à cette conclusion que nous ne sommes nullement libres devant l'oeuvre d'art, que nous ne la faisons pas à notre gré, mais, que, préexistant à nous, nous devons, à la fois parce qu'elle est nécessaire et cachée, et comme nous ferions pour une loi de la nature, la découvrir.
(Proust / Le temps retrouvé)



Des étapes dans la percée.





go to à Pittura Amorosa 02

mercredi, février 28, 2007

La lettera amorosa

Acrylique sur toile
en cours






La lettera amorosa 45x90 cm

Assise I et II 30x30 cm







umbral/seuil 45x90 cm







The pregnant woman 45x90 cm








Celle qui danse/La que baila 45x90 cm







à suivre.../

dimanche, février 25, 2007

4 tableaux pour un dimanche

4 cuadros para un domingo
work in progress
crylique sur toile
70x90 cm c/




































.../

vendredi, février 16, 2007

Etapes dans la percée, 1+3



de la lumière au sol
au matin ici
contre jour




acrylique sur toile 50x50 et 20x20 cm








jeudi, février 15, 2007

l'Etrusque 90x60 cm

acrylique sur toile



Question : l'oeuvre est terminée le tableau non, pourquoi?










mardi, février 13, 2007

La sortie de bain

le moment où elle m'ouvrit la porte
puis venant d'ailleurs
comme tant de ressources non écloses
l'excès –

et avec lui
l'écho d'une lumière ajournée au printemps






peinture sur carton préparé au gesso, 60x90 cm

vendredi, février 09, 2007

Works in København

"Ineluctable modality of the visible"



la suite vient...





Ineluctable modality of the visible: at least that if no more, thought through my eyes. Signatures of all things I am here to read, seaspawn and seawrack, the nearing tide, that rusty boot. Snotgreen, bluesilver, rust: coloured signs. Limits of the diaphane. But he adds: in bodies. Then he was aware of them bodies before of them coloured. How? By knocking his sconce against them, sure. Go easy. Bald he was and a millionaire, maestro di color che sanno. Limit of the diaphane in. Why in? Diaphane, adiaphane. If you can put your five fingers through it it is a gate, if not a door. Shut your eyes and see.

Joyce in Ulysse



mardi, janvier 30, 2007

celle qui avance, peinture 02

"peinture: non la couleur - mais le point à quoi un plan de la couleur
se trouve comme à son support de rencontre, et nous faisant face,
adossé."
André du Bouchet





peinture sur carton préparé au gesso, acrylique 60x90cm









vendredi, janvier 26, 2007

celle qui avance, peinture


Je sentais pourtant que ces vérités que l'intelligence dégage directement de la réalité ne sont pas à dédaigner entièrement car elles pourraient en chasser d'une matière moins pure mais encore pénétrer d'esprit ces impressions que nous apportent hors du temps l'essence commune aux sensations du passé et du présent, mais qui plus précieuses sont aussi trop rares pour que l'oeuvre d'art puisse être composée seulement avec elles.
Proust in Le temps retrouvé




in progress...

peinture sur carton préparé au gesso, acrylique 60x90cm









dimanche, janvier 21, 2007

Proust, encore

car le style pour l'écrivain aussi bien que pour le peintre est une question non de technique, mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients de la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui s'il n'y avait pas l'art, resterait le secret éternel de chacun







Peu à peu conservée par la mémoire, c'est la chaîne de toutes les impressions inexactes, où ne [vol II.48] reste rien de ce que nous avons réellement éprouvé, qui constitue pour nous notre pensée, [NAF 16726. fol.015] notre vie, la réalité, et c'est ce mensonge-là que ne ferait que reproduire un art soi-disant "vécu", simple comme la vie, sans beauté, double emploi si ennuyeux et si vain de ce que nos yeux voient et de ce que notre intelligence constate qu'on se demande où celui qui s'y livre, trouve l'étincelle joyeuse et motrice, capable de le mettre entrain et de le faire avancer dans sa besogne.









La grandeur de l'art véritable, au contraire, de celui que M. de Norpois eût appelé un jeu de dilettante, c'était de retrouver, de ressaisir, de nous faire connaître cette réalité loin de laquelle nous vivons, de laquelle nous nous écartons de plus en plus au fur et à mesure que prend plus d'épaisseur et d'imperméabilité la connaissance conventionnelle que nous lui substituons, cette réalité que nous risquerions fort de mourir sans l'avoir connue, et qui est tout simplement notre vie, la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, cette vie qui en un sens, habite à chaque instant chez tous les hommes aussi bien que chez l'artiste. Mais ils ne la voient pas, parce qu'ils ne cherchent pas à l'éclaircir. Et ainsi leur passé est encombré d'innombrables clichés qui restent inutiles parce que l'intelligence ne les a pas "développés".




Ressaisir[NAF 16726. fol.015a] notre vie; et aussi la vie des autres; car le style pour l'écrivain aussi bien que pour le peintre est une question non de technique, mais de vision. Il est la révélation, qui serait impossible par des moyens directs et conscients de la différence qualitative qu'il y a dans la façon dont nous apparaît le monde, différence qui s'il n'y avait pas l'art, resterait le secret [vol II.49] éternel de chacun. Par l'art seulement, nous pouvons sortir de nous, savoir ce que voit un autre de cet univers qui n'est pas le même que le nôtre et dont les paysages nous seraient restés aussi inconnus que ceux qu'il peut y avoir dans la lune. Grâce à l'art au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier et autant qu'il y a des artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition, plus différents les uns des autres que ceux qui roulent dans l'infini, et qui bien des siècles après qu'est éteint le foyer dont ils émanaient, qu'il s'appelât Rembrandt ou Ver Meer, nous envoient leur rayon spécial.